Invitation à trois célébrations de la Pâques chrétienne

 

Cette année, j’ai vécu la joie de la Résurrection du Christ en communion avec des croyants de trois Eglises chrétiennes. Une expérience unique et constructrice. Christ est ressuscité pour tous !


Samedi 7 avril, je me suis rendue à la Vigile de Pâques au monastère des carmes, en compagnie d’une amie catholique. Les moines faisaient un grand feu dans la cour. La simplicité et la blancheur de la chapelle m’ont charmée. J’ai été profondément touchée par la symbolique du geste de la transmission de la lumière du Christ, en recevant la flamme Pascale via la chaîne des cierges allumés par les fidèles. Fort heureusement, j’ai réussi à rester absorbée dans l’interminable écoute des textes bibliques, grâce aux magnifiques chants qui venaient ponctuer chaque lecture et nous tenir éveiller. J’avoue avoir été déçue par l’homélie qui n’a pas étanchée ma soif de sens. Mais, pendant la communion, tandis que je me recueillais, j’ai senti la foi des paroissiens. Et, même si je ne sais que penser du mystère de l’Eucharistie, il m’a semblée que nous partagions la même félicité en l’amour de Jésus. Christ est ressuscité ! Il est vivant comme il l’a promis, alléluia !


Le lendemain matin, je suis allée au temple du Salin avec un ami protestant. J’aurais voulu participer au petit déjeuner du temple, avant le culte, mais la fatigue a eu raison de ma volonté… A peine arrivée, une impression de déjà-vu : l’assemblée se serrait sur les bancs, l’orgue rehaussait les chants éthérés, et il y avait la même lecture du tombeau vide. Cependant, l’ambiance changeait du tout au tout : La solennité laissait place à la spontanéité du service. Bien que tout avait été soigneusement organisé afin d’offrir un culte bi langue français/ allemand et que les pasteurs avaient longuement préparés leur prédication, il régnait une fraîche sincérité dans les prières. L’intervention des enfants y a joué pour beaucoup, me semble-t-il : « Nous sommes allés au tombeau du Christ. Nous n’avons rien vu, mais il y avait une Parole à entendre ! », se sont-ils exclamés. Noël et Pâques sont les seules fêtes célébrées par les réformés. On pourrait s’attendre à plus de decorum, mais le culte de Pâques n’a pas duré plus longtemps qu’un office ordinaire. La Cène était le moment le plus fort. Le pain béni et la coupe circulaient de mains en mains. Je me suis sentie vivifiée et pleinement à ma place, parmi les autres. Alléluia ! Dieu nous donne sa Grâce par le Christ ressuscité !


Le temps de la veillée Pascale orthodoxe, arriva une semaine plus tard, le samedi 14 avril, à l’église de Saint-Nicolas le Thaumaturge. Je connais très mal cette tradition et, en entrant, j’avais peur de commettre une bévue en faisant un signe de croix au mauvais moment ou bien de froisser la sensibilité des croyants en ne me joignant pas à leurs rituels. Mais je me suis vite débarrassée de mon a priori ! J’ai été accueilli par de grands sourires. Puis une dame, percevant ma criante ignorance, a patiemment répondu à mes questions. J’ai vraiment apprécié que la liturgie soit chantée, comme pour nous distiller la Parole jusqu’à en être imprégné. Tout n’était que raffinement et sobriété, aussi bien par les icônes, la prestance du prêtre et des diacres, que dans l’habillement de l’assistance, debout, un cierge orangé à la main. De même, pour les orthodoxes, les protestants et les catholiques, la fête de Pâques est un temps de rapprochement des liens familiaux autour de la figure de Jésus. Toutes les générations s’y retrouvent. Malgré mes efforts, je ne me suis pas senti à l’aise. J’aurai eu besoin, pour accueillir le message pascal, d’un temps de silence au cours de la messe. Nous étions sans cesse sollicité pour faire un signe de croix, regarder une icône, chanter, répondre au prêtre… impossible de faire le vide et de prier. Je souhaite mieux comprendre la conception orthodoxe de la prière car, pour moi, elle reste opaque. Je pense donc tenter à nouveau l’expérience l’année prochaine !... Et je vous invite tous à me suivre dans l’aventure. En vérité, Christ est ressuscité ! Christos Anesti !